Le thermomètre des relations sino-américaines vient de monter d\’un cran supplémentaire. L\’administration américaine a annoncé jeudi soir, par décret présidentiel d\’urgence, la suspension immédiate de toutes les licences d\’exportation de semiconducteurs avancés destinés aux applications d\’intelligence artificielle vers la République populaire de Chine. Une décision qualifiée de \ »nécessité stratégique absolue\ » par Washington, qui provoque une onde de choc sur les marchés financiers mondiaux.
Pourquoi cette décision maintenant ?
La Maison-Blanche invoque des renseignements militaires classifiés selon lesquels des puces NVIDIA et AMD de dernière génération, initialement exportées légalement vers des entreprises civiles chinoises, auraient été détournées vers des programmes d\’armement autonome et de systèmes de surveillance de masse. \ »Nous ne pouvons pas continuer à fournir les outils qui permettront à nos adversaires de nous surpasser technologiquement et de menacer la sécurité de nos alliés\ », a déclaré le secrétaire d\’État lors d\’un point presse d\’urgence.
Cette décision s\’appuie sur une révision en profondeur du Export Administration Regulations (EAR) et élargit considérablement la liste des technologies soumises à contrôle à l\’exportation. Désormais, tout semiconductor dont les performances dépassent un certain seuil de calcul matriciel (directement lié aux applications IA) nécessitera une licence spécifique quasi-impossible à obtenir pour des entités chinoises.
L\’impact immédiat sur les marchés
La réaction des marchés financiers ne s\’est pas fait attendre. NVIDIA a chuté de 8,4% à l\’ouverture des marchés asiatiques, AMD de 6,1% et Qualcomm de 4,8%. Les valeurs technologiques chinoises cotées à Hong Kong ont subi des pertes encore plus sévères, l\’indice Hang Seng Tech reculant de 5,2% en séance.
Les analystes estiment que la Chine représente entre 20 et 25% du chiffre d\’affaires de NVIDIA dans le segment datacenter IA, une exposition significative dont la suppression brutale va peser lourdement sur les résultats futurs du fabricant californien.
La riposte chinoise
Pékin a réagi avec une promptitude et une fermeté qui témoignent d\’une réponse préparée. Le ministère du Commerce chinois a annoncé dans la foulée des \ »mesures de contre-réaction proportionnées\ » qui comprennent notamment des restrictions sur l\’exportation de gallium, de germanium et de graphite — des matériaux critiques pour la fabrication de semiconducteurs dont la Chine contrôle une part dominante de la production mondiale.
\ »Les États-Unis jouent avec le feu en utilisant le commerce comme arme de guerre froide technologique. Ils découvriront que la Chine a également les moyens de défendre ses intérêts\ », a averti le porte-parole du ministère des Affaires étrangères lors d\’une conférence de presse à Pékin.
Les conséquences pour l\’Europe
L\’Union européenne se trouve dans une position délicate. Alliée des États-Unis mais commercialement très liée à la Chine, elle devra décider si elle s\’aligne sur les restrictions américaines ou maintient ses propres règles d\’exportation. Bruxelles a appelé à \ »la désescalade et au dialogue\ » tout en admettant \ »partager les préoccupations de sécurité sur l\’usage militaire des technologies IA avancées\ ». ASML, le géant néerlandais des machines lithographiques pour semiconducteurs, a vu son action reculer de 3,9% en début de séance européenne.